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COMESA Management.

Analyse de la Situation des Systèmes de Sécurité Sanitaire des Aliments

| Marceline | Feb-04-2010 [ Print | E-mail ]

La République Démocratique du Congo (RDC), est un vaste pays de 2.345.095 Km2 de
superficie. Elle est située au coeur de l’Afrique et partage 9 frontières communes avec 9 autres pays qui
sont : l’Angola, le Burundi, la République du Congo/Brazzaville, la République Centre Africaine, le
Rwanda, le Soudan, l’Uganda, la Tanzanie et la Zambie.


En 2001, sa population était estimée à 52,5 Millions d’habitants avec un taux d’accroissement de
3,2 % par an. En dépit de ses énormes potentialités agricoles, l’offre intérieure des produits alimentaires
est largement insuffisante; ce qui oblige le pays à combler ce déficit par des importations.

Situation Sanitaire

 
1. Sur le plan sanitaire, le pays connaît des épisodes multiples de diarrhée simple, de choléra, de la
diarrhée sanguinolente jusqu’à la fièvre typhoïde ou paratyphoïde, de la dysenterie due à
certains germes spécifiques (Escherichia coli, Salmonella, Shigella), amibiase ou autres
parasites sont isolés dans les cas où les services compétents de laboratoire sont mis à
contribution
2. De plus, la RDC connaît une maladie grave, mortelle à 95 % des cas, du nom d’une rivière du
pays et qui est due à l’ingestion des viande de primates morts infectée par le virus de la Fièvre
Hémorragique d’Ebola (FHVE).
3. Des cas des toxi-infections alimentaires aiguës dues notamment à la présence de substances
cyanogènes dans le manioc provoquant la paralysie flasque aiguë de Konzo, sont signalés dans
certaines provinces du pays : Bas-Congo, Bandundu, Equateur, Sud/Kivu.
4. Des troubles chroniques dus à la carence en iode ont amené le Gouvernement à réagir et exiger
l’iodation obligatoire du sel de cuisine en circulation sur le marché national.
5. De même, des carences en vitamine A observées plus particulièrement chez les femmes
enceintes et chez les enfants, de part l’utilisation accrue de lait artificiel et de substituts de lait
maternel, mettant en danger la vie des bébés, ont emmené le Gouvernement à la
supplémentation de masse par la Vitamine A.
- 2 -
6. Enfin, la RDC suit aussi avec attention toute la polémique qui se développe autour des Aliments
issus des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM).
• Sur le plan interne : Concernant la production nationale les incidences des maladies dues à
la contamination alimentaire sont à surveiller, car elles posent des sérieux problèmes de
santé, tel que décrit ci-haut : Diarrhée, Choléra, Fièvre typhoïde, Dysenterie, Amibes, etc
…ce qui constitue un défit à relever par le Gouvernement de la République.
• Sur le plan externe : Etant donné le déficit croissant en produits alimentaires de base, le
pays doit faire face aux importations des denrées alimentaires avec comme conséquences,
une surveillance rigoureuse de ces importations pour assurer la bonne qualité et l’innocuité
des produits alimentaires importés, particulièrement en ce qui concerne la falsification,
l’altération et les cas des aliments génétiquement modifiés dont on ignore encore les
conséquences en moyen et long termes.


De la Politique Nationale

 
Pour lutter contre les fraudes, les altérations et les falsifications éventuelles des aliments, le
Gouvernement a réglementé et continue à surveiller l’importation, le commerce, la vente, la détention
pour le débit et la vente des comestibles, boissons, denrées et toute autre substance alimentaire.
Il existe également une réglementation sur le transport et le commerce des viandes, de poisson
salé et séché, d’oeufs en coque, de laits et substituts de lait maternel, etc ... Le métier de boucher est
aussi réglementé.
Bref, le pays dispose d’un arsenal juridique, bien que parfois lacunaire, pour garantir la sécurité
sanitaire des aliments destinés à la population.


Les Structures intervenant dans la sécurité sanitaire alimentaire


1. Le pays dispose d’une structure de surveillance de la chaîne alimentaire partant du producteur au
consommateur c’est-à-dire de l’étable à la table. Parmi ces structures, on peut citer :
• Le Ministère de l’Agriculture qui s’occupe de la surveillance zoo-sanitaire et de la
préservation des végétaux est partie prenante dans l’inspection des denrées alimentaires
(Décret du 26 juillet 1910) ;
• Le Ministère de l’Environnement est chargé de l’élaboration de normes relatives à la
salubrité du milieu (Décret n° 03/027 du 16 septembre 2003) ;
• Le Ministère de la Santé est responsable de la sécurité sanitaire des aliments, par le biais de
son Service d’hygiène aux frontières (Décret n° 03/027 du 16 septembre 2003 portant
attributions des Ministères) ;
• Le Ministère du Commerce Extérieur, à travers l’Office Congolais de Contrôle, s’occupe de
contrôle de la quantité, de la qualité et de normalité de tout produit à l’importation et à
l’exportation (Ord. n° 74/013 du 10 janvier 1974) ; tandis que
• Le Ministère de la Justice est chargé de la réglementation en cette matière (Décret n° 03/027
du 16 septembre 2003).
Toutes ces structures sont chargées de veiller sur l’hygiène publique, la surveillance
épidémiologique, le contrôle des denrées alimentaires à l’importation et à l’exportation. Par
ailleurs, ces structures, financées par le Trésor Public c’est-à-dire par le Gouvernement,
fonctionnent parfois de façon disparate et même dans un certain antagonisme sur terrain. (voir le
tableau 1 en annexe).
- 3 -
C’est pourquoi et dans le souci d’améliorer et de renforcer le contrôle de la sécurité sanitaire des
aliments, le Ministère de la Santé vient de mettre en place, avec l’appui de la FAO, un Projet
TCP/DRC/3002 chargé de préparer et d’élaborer les structures d’harmonisation et de
coordination des activités de contrôle et de surveillance de la qualité des aliments.


Les activités de surveillance épidémiologique.


1. Les services du Ministère de la Santé en RDC, appuyés par ses Partenaires traditionnels, ont
établi la liste des maladies à déclaration obligatoire hebdomadaire et mensuel : le choléra, la
diarrhée simple, sanguinolente ou sanglante, la FHV, … Par ailleurs, il a été mis en place des
structures et des procédures d’analyse et de riposte rapide endéans 24 heures en cas
d’occurrence jugée anormale c’est-à-dire en cas des risques significatifs.
2. Le Ministère de l’Agriculture en ce qui le concerne, dispose également une liste des maladies à
déclaration obligatoire édictées par l’Office International des Epizooties (OIE) , tel le cas des
zoonoses susceptibles de contaminer la population.
3. La Direction de la lutte contre la maladie, le Bureau de Surveillance Epidémiologique, le
Service d’Hygiène aux frontières, des Médecins Epidémiologistes provinciaux et de Districts sur
toute l’étendue du territoire national, doublés de Partenaires, contribuent à l’alerte et au riposte
rapides des épidémies avec des interventions préalablement planifiées.
4. Au niveau des postes frontaliers, le contrôle et la certification des denrées alimentaires à
l’importation sont assurés par le Service d’Hygiène aux frontières qui doit s’assurer de la
sécurité sanitaire des aliments sur base de certificat de salubrité du pays d’origine (exportateur).
De même, les Etablissements humains et les Entrepôts Publics et Concédés installés aux postes
frontaliers, les véhicules routiers transfrontaliers ayant servi ou servant au transport des denrées
alimentaires sont périodiquement contrôlés et désinfectés par le même service.


Les Services spécialisés intervenant dans le domaine de laboratoire pour le contrôle de la sécurité
sanitaire des aliments


Les caractéristiques écologiques des pays tropicaux en général et de la République
Démocratique du Congo en particulier, sont favorables à l’éclosion de toute sorte des maladies et
d’intoxication ainsi qu’à la pullulation des vecteurs et autres agents pathogènes.
Les risques de contagion s’accentuent encore d’avantage avec les échanges commerciaux et la
situation socio-économique locale auxquels le Ministère de la Santé doit faire face pour garantir la
salubrité des denrées alimentaires importées, et ce, dans le cadre de la Sécurité Sanitaire des Aliments.
L’inadéquation en matière de laboratoire, d’entreposage, de conditionnement et de transport des
denrées alimentaires dans les pays en développement constitue un handicap sérieux pour la Sécurité
Sanitaire des Aliments.
C’est dans ce cadre que les dangers liés aux aliments, hormis la date de péremption et de la
falsification, les germes pathogènes d’origine alimentaire, les contaminants, surtout chimiques, et les
additifs, constituent la base de l’insécurité sanitaire des aliments dans notre pays en particulier et dans
tous les pays en développement en général.
Le Ministère de la Santé de la RDC qui a en charge la sécurité sanitaire des aliments (voir
Accords SPS) ne dispose pas d’un Laboratoire type d’envergure nationale en Microbiologie,
Toxicologie et en Nutrition.
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Les autres Laboratoires du pays en cette matière, notamment celui de l’Office Congolais du
Contrôle (OCC) qui dépend du Ministère du Commerce Extérieur, le Laboratoire Vétérinaire de
Kinshasa fonctionnel et les autres, notamment ceux de Lubumbashi, de Goma et de Libi à Bunia non
fonctionnels, sous tutelle du Ministère de l’Agriculture ainsi que le Laboratoire de l’Institut National de
Recherche Bio-Médicale (INRB) et celui de Toxicologie à la Faculté de Pharmacie à l’Université de
Kinshasa, ne font que des contrôles partiels et leurs actions ne couvrent pas toute l’étendue du territoire
national.
Pour pallier à cette lacune, le Ministère de la Santé de la RDC devra, dans le cadre de
renforcement des capacités (formation continue) du personnel de santé chargé de la Sécurité Sanitaire
des Aliments, recourir à une demande d’aide à l’implantation à travers le pays de petits laboratoires
d’analyses Bactériologique, Toxicologique et de Nutrition, l’acquisition de certains équipements,
matériels et intrants indispensables pour accomplir pleinement ce rôle lui dévolu ainsi que le recyclage
des inspecteurs sanitaires des denrées alimentaires.


De la surveillance épidémiologique continue des denrées alimentaires


Le système HACCP qui permet d’identifier les dangers spécifiques à chaque étape de la chaîne
alimentaire, de les évaluer et d’établir les mesures préventives pour les maîtriser, n’a pas encore un
engouement certain au niveau de la stratégie nationale.
C’est pour ce faire que recommandations ont toujours été faites au Gouvernement pour
l’intégration et l’application de ce système HACCP dans sa stratégie nationale de contrôle de la sécurité
sanitaire des aliments.
De même, en ce qui concerne la gestion des risques nouveaux liés à l’environnement et aux
technologies modernes ainsi que la prévention et la réaction en cas de contamination intentionnelle des
aliments, des efforts doivent encore être fournis pour l’élaboration d’une stratégie nationale adéquate et
intégrée.
S’agissant de la coopération régionale et internationale en matière de suivi de contamination des
aliments et de surveillance des maladies d’origine alimentaire, le Ministère de la Santé ainsi que le
Ministère de l’Agriculture travaillent en partenariat avec les organismes chargés de la surveillance
épidémiologique : OMS, FAO, OMC, OIE, SADEC, COMEXAS,… Cette coopération devrait être
renforcée.


Conclusion


Les défis à relever par les services officiels de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments en
République Démocratique du Congo se résument comme suit :
o La mise en place par le Gouvernement d’une stratégie nationale (un dispositif) pour
coordonner les activités des structures intervenant dans la chaîne alimentaire et garantir la
Sécurité Sanitaire des Aliments qui constitue la préoccupation majeur des
consommateurs (Conseil Supérieur de l’Hygiène Publique);
o La création du Conseil Supérieur de l’Hgyiène Publique dans le but d’impliquer le système
HACCP permettra le contrôle, l’évaluation et la gestion des risques sur tout le maillon de la
chaîne alimentaire : de la fourche à la fourchette ou de l’étable à la table.
o La mise sur pied du Comité National du Codex Alimentarius ainsi que la ratification de ce
Codex par la République Démocratique du Congo s’avèrent impérieux.

 

Source : Fao

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